L'injection d'une protéine a permis d'améliorer la vision d'animaux
présentant une forme d'atteinte dégénérative héréditaire de la rétine,
appelée rétinite pigmentaire, selon une étude française qui ouvre la
voie à des thérapies.
Ces
résultats, qui établissent le "rôle protecteur" de la protéine,
marquent une nouvelle avancée dans la recherche thérapeutique des
maladies dégénératives de la rétine, selon les travaux de l'Institut
national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et de
l'université Pierre et Marie Curie (upmc), publiés dans la revue
spécialisée Molecular Therapy.
Ying Yang, chercheur de l'équipe dirigée par Thierry Léveillard
(Inserm-umpc), rapporte que l'injection de la protéine "RdCVF" augmente
chez des souris le nombre de "cônes" (cellules essentielles à la vision
de jour) présents dans la rétine mais surtout, que les animaux traités
ont "une vision deux fois supérieure" à celle des animaux non-traités.
Cela indique que la protéine n'assure pas seulement la survie de ces
cellules (cônes) mais préserve significativement leur fonction et
ralentit ainsi la perte visuelle.
L'équipe de Thierry Léveillard, Saddek Mohand-Saïd et du Pr José-Alain
Sahel à l'Institut de la Vision à Paris travaille depuis des années sur
ces maladies héréditaires de la rétine. Objectif, à terme: proposer un
traitement de ces maladies incurables qui affectent 40.000 personnes en
France.
En 2004, les chercheurs
ont identifié cette protéine à "fort potentiel" pour le traitement des
dégénérescences rétiniennes héréditaires.
Maladies génétiques, les rétinopathies pigmentaires s'attaquent
progressivement aux cellules de l'œil (les photorécepteurs) qui
convertissent le signal lumineux en un signal interprétable par le
cerveau et conduisent progressivement à la cécité.
Les cellules à bâtonnets servant à la vision de nuit, sont atteintes en
premier. Leur disparition entraîne la perte de sécrétion de la protéine
"nutritive". Les cônes, essentiels à l?acuité visuelle de jour,
dégénèrent ensuite.
Parallèlement
dans la revue Molecular and Cellular Proteomics, Ram Fridlich, étudiant
dans l?équipe, montre qu?une autre forme de la protéine permet de
lutter contre le "stress photo-oxydatif" : un effet délétère de la
lumière et de l'oxydation, impliqué dans la dégénérescence de la rétine
normale et pathologique, relève M.Léveillard.
Munis de ces résultats, les chercheurs travaillent avec la société
Fovea-Pharmaceuticals à développer une protéine "RdCVF" de synthèse,
utilisable chez l?homme. "Notre objectif sera après cela de débuter les
premiers essais cliniques le plus rapidement possible à l?hôpital des
Quinze-Vingts (Paris)", indique le Pr Sahel.