Malgré
la crise, Nicolas Sarkozy assure "avoir la banane" et a exhorté
mercredi les députés UMP à soutenir sa politique, qui "paiera" en 2012
car, à ses yeux, "on ne perd que quand on est faible".
"Je me
fais taper dessus mais j'ai la banane. C'est dur pour moi aussi mais en
même temps, je rêvais d'être président de la République et je le suis,
donc ça va...", a lancé le chef de l'Etat qui recevait, au lendemain de
son discours de Saint-Quentin (Aisne), les députés UMP pour un cocktail
à l'Elysée.
"Je comprends que c'est très dur pour vous, mais la
crise nous rend notre liberté car on ne réfléchissait plus avant. La
crise nous donne la possibilité de renouveler notre corpus
idéologique", a-t-il ajouté, selon des témoins, lors d'un exercice de
questions-réponses dans la salle des fêtes.
"La période est
formidable pour nous parce qu'on se tourne vers nous, les politiques.
Les gens nous seront reconnaissants de tenir le cap. Pas une seule
réforme ne nous apporte pas d'emmerdes. On a besoin de vous et ça
paiera", sous-entendu en 2012, a-t-il poursuivi.
Faisant une
nouvelle fois la comparaison avec son prédécesseur Jacques Chirac, M.
Sarkozy a estimé "qu'on perd quand on est faible" et qu'en "1995, les
électeurs nous ont lâchés" après "l'échec du gouvernement Juppé sur
l'assurance-maladie".
Il s'est targué d'avoir à l'inverse, avec
François Fillon, "rétabli l'image de la France" en agissant sur ses
"trois handicaps: les 35 heures, les grèves et la fiscalité".
Au
risque de déclencher une nouvelle polémique avec les syndicats, le chef
de l'Etat a affirmé que "quand il y a une grève comme celle du 19 mars,
le pays n'est plus paralysé".
Et de prévenir sa majorité qu'il
était hors de question pour lui de bouger sur le bouclier fiscal: "sur
la fiscalité, sur le bouclier, prenez-moi bien en photo ! Ma capacité à
reculer n'est pas d'un millimètre (...) Si on supprime le bouclier, à
l'arrivée, on tape sur les classes moyennes".
Il a d'ailleurs
vertement tancé le président UMP de la commission des Affaires
sociales, Pierre Méhaignerie -absent- qui avait réclamé une
contribution exceptionnelle sur les plus hauts revenus.
"Je
respecte tous mes amis mais faire ça la veille d'une grève, c'est assez
irresponsable", a-t-il dit avant de lancer: "ne tombez pas dans le
piège de la social-démocratie (...) on sera jugé sur l'emploi et
l'arrêt des délocalisations".
"Réservé" sur une TVA sociale, M.
Sarkozy s'est dit "attaché à ce qu'on taxe les importations des pays
qui ne respectent pas les critères sociaux et environnementaux".
Sur
la question sensible des rémunérations des dirigeants, il a, à son
tour, prévenu que "si le Medef n'y va pas, on ira par la loi", taclant
au passage la patronne des patrons.
"Je ne peux pas accepter que
Laurence Parisot dise qu'elle n'a pas le désir d'évoquer le partage des
profits", a-t-il lâché avant d'ajouter: "on ne peut pas faire boire un
âne qui n'a pas soif".