Huit
à dix mille personnes selon les organisateurs, 3.500 selon la police,
manifestaient samedi après-midi dans les rues d'Ajaccio contre la
condamnation en appel d'Yvan Colonna pour l'assassinat du préfet
Erignac en 1998.
Le défilé a débuté vers 15H30 sous une pluie
fine et en silence sur le cours Napoléon, la principale artère de la
ville, alors que bon nombre des magasins bordant cette artère avaient
fermé leurs portes.
"C'est par solidarité. Il n'y a aucun mot d'ordre en ce sens", a précisé une commerçante à l'AFP.
La
manifestation est organisée à l'appel du comité de soutien au berger de
Cargèse, condamné vendredi par la cour d'assises spéciale de Paris à la
réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de
22 ans qui n'avait pas été prononcée en première instance fin 2007.
En
tête de cortège, une grande banderole proclamait, en langue corse,
"Justice pour Yvan", avec de chaque côté un portrait du berger. Des
manifestants brandissaient aussi un grand drapeau à tête de Maure,
l'emblème de l'île.
Le cortège avançait dans le calme, marquant régulièrement des pauses pour applaudir et scander "Yvan" ou "Liberté !".
Dans
les premiers rangs figuraient Christine Colonna, la soeur du condamné,
le représentant de la Ligue des Droits de l'Homme en Corse, André
Paccou, les élus autonomistes Jean-Chistophe Angelini et Edmond
Simeoni, ainsi que Me Antoine Sollacaro, l'un des avocats d'Yvan
Colonna.
"Ce procès a été une pantalonnade, une mascarade, une parodie de justice", a déclaré Me Sollacaro en début de manifestation.
"Quoi
qu'on dise, quoi qu'on fasse, notre parole n'est pas entendue", a
déploré de son côté Christine Colonna, ajoutant en corse à l'attention
de son frère: "tiens bon, on est tous avec toi".