Publié le 27/08/2009 à 10:00
Le Point.fr
LE PRÉFET SUSPENDU CONTRE-ATTAQUE
"Hortefeux veut se refaire une virginité de parfait antiraciste"
lepoint.fr

Paul
Girot de Langlade est soupçonné d'avoir eu des propos déplacés à
l'encontre d'agents de sécurité de l'aéroport d'Orly d'origine
antillaise © HIELY Cyril / MAXPPP
Suspendu après avoir été accusé de propos racistes
, le préfet hors cadre Paul Girot de Langlade passe à l'offensive.
Plutôt silencieux depuis le début, il affirme être victime d'une cabale
dans un entretien accordé au Parisien/Aujourd'hui en France . Il accuse ainsi le ministre
de l'Intérieur Brice Hortefeux de vouloir, avec cette affaire, "faire
oublier son passage au ministère de l'Intégration où il a mené une
politique plus sévère que dans le passé" et "se refaire à bon compte
une virginité de parfait antiraciste". Une affirmation que l'entourage
de Brice Hortefeux réfute : "C'est un argument un peu facile. Il n'y a
jamais eu de coup monté", fait-on savoir place Beauvau. "Blessé par ce lynchage médiatique"
Entendu lundi par la Brigade de la répression de la délinquance contre
la personne, Paul Girot de Langlade évoque des propos tenus devant des
agents le 31 juillet à l'aéroport d'Orly alors qu'on lui demandait de
vider ses poches après que l'alarme du portique de sécurité a retenti.
Il raconte qu'il était en transit entre deux avions, avec un temps de
correspondance très court. "Au contrôle de sécurité, les agents ont été
agressifs d'entrée de jeu. J'ai été bousculé", soutient-il. Il aurait
alors voulu parler du désordre qui règne dans certains aéroports
africains, en déclarant : "On se croirait en Afrique ici ! Comme
j'aurais dit : On se croirait en Asie ou en Amérique, si ce contrôle
avait été effectué correctement et avec rigueur. Or ils ont fait
n'importe quoi !" "La scène a été filmée par les caméras. Ce film
conforte ma version", poursuit le préfet, "blessé par ce lynchage
médiatique". Le parquet de Créteil, en charge du dossier, poursuit
son enquête ouverte après le dépôt de plainte de trois agents pour
"injures publiques à caractère racial". Le procureur décidera a
posteriori de la suite à donner à cette affaire, soit engager des
poursuites contre le préfet, soit classer l'affaire. Ce n'est pas la
première fois que Paul Girot de Langlade est mis en cause pour ses
propos. Il a déjà été relaxé en appel en juin 2008 pour avoir assimilé
les gens du voyage à des délinquants. Un dérapage qui est d'ailleurs à
l'origine de son placement hors cadre par le Conseil des ministres en
2007. |