Publié le 27/08/2009 à 10:02
Le Point.fr
ESSONNE
Trop de voitures accidentées par les policiers
Avec AFP

Le rappel à l'ordre des policiers de l'Essonne passe mal © AFP PHOTOS
C'est une lettre qui date du 13 août. Dans cette missive adressée à des
milliers de policiers de l'Essonne, le directeur départemental de la
sécurité publique (DDSP) de l'Essonne, Jean-Claude Borel-Garin, appelle
ses troupes à "contribuer à la diminution du coût de réparation des
véhicules de police", jugés à près de 529.000 euros, soit l'équivalent
de "29 véhicules neufs", cette "économie" pouvant "être consacrée à
l'amélioration des conditions de travail". "Une initiative infantilisante" (syndicat de police)
À cette fin, le directeur a donc mis au point une "charte du bon
conducteur" comprenant 17 recommandations, dont l'attention au volant,
l'adaptation de la vitesse, le port de la ceinture de sécurité ou la
nécessité d'utiliser à bon escient, en cas d'urgence, les avertisseurs
sonores des véhicules (les "deux tons", dans le jargon policier).
Chaque policier sous ses ordres est appelé à signer cette charte,
éditée sous la forme d'un document plastifié individuel. Pour le DDSP,
le policier doit être "irréprochable dans l'exercice de ses missions" y
compris "au volant de son véhicule", et ceci "en vue de favoriser (son)
comportement en faveur des usagers". Une initiative qui laisse pantois le second syndicat
d'officiers Synergie, qui a dénoncé mercredi un "document absolument
lénifiant" et une initiative "infantilisante" de Jean-Claude
Borel-Garin. Pour Synergie, les policiers de l'Essonne sont de
"véritables professionnels qui n'ont pas attendu la venue d'un messie à
la tête du département pour leur délivrer les dix commandements du code
de la route". Le syndicat "exige le retrait officiel de la note mettant
en place ces mesures dégradantes". Le DDSP a répliqué qu'il n'était
"pas là pour infantiliser, mais pour responsabiliser" les personnels de
police, "et les protéger en cas d'accident corporel". Il faut, selon
lui, "protéger la vie des personnels", a-t-il insisté, précisant qu'une
"minorité de policiers" sont parfois responsables d'accidents en raison
de leur comportement sur la route, et que cette minorité "fait du tort"
à la police. |