 Les femmes de droite préfèrent relativiser : la possible investiture de Ségolène Royal par les militants socialistes serait «un non-événement», selon le mot de Roselyne Bachelot. «Il faut transformer l'essai sur la compétence», note de son côté la porte-parole de l'UMP, Valérie Pécresse. Autrement dit : «Il faut être un homme politique comme les autres, poursuit-elle. On ne peut pas faire une campagne sur ses seuls atouts de féminité : toujours répondre avec son plus joli sourire, tout faire en talons aiguilles et se poser en victime en répétant "vous ne me poseriez pas la question si je n'étais pas une femme".» Sur le même sujet «Juppettes». Catherine Vautrin, ministre déléguée à la Parité, est moins sévère. «Il y a eu le précédent MAM à la tête d'un domaine régalien. Les électeurs veulent voir des élus qui leur ressemblent. La présidentielle sera une étape forte, qui instaurera de nouvelles habitudes.» Elle prédit même «un effet d'entraînement : la candidature de Royal rejaillira sur la composition du prochain gouvernement. Y compris s'il est de droite». Une prédiction qui rappelle l'épisode fâcheux des «Juppettes», ces femmes jetables du premier gouvernement d'Alain Juppé. Françoise de Panafieu en était. «C'était une faute politique, et pas très agréable de surcroît», confie aujourd'hui celle qui affrontera Bertrand Delanoë lors de la prochaine municipale parisienne. Choisies «par le fait du prince», selon Bachelot, sans fief électoral, elles s'étaient retrouvées comme des «fleurs coupées dans un vase». La candidature de Royal est-elle une chance pour les femmes de droite ? L'UMP n'a en tout cas prévu que 30 % de femmes sur ses listes pour les prochaines législatives, contre 50 % au PS. Un «formidable effort», vante Valérie Pécresse. Parfaitement «insuffisant» aux yeux de Bachelot, «féministe déclarée» et «paritaire théologique». Mais, ajoute-t-elle, «j'ai cru qu'on n'y arriverait pas, on revient des abysses». Ses collègues femmes renchérissent : «Pas évident de mettre dehors des sortants qui n'ont pas démérité.» L'UMP en a 365. «On a loupé le coche en 2002», quand la droite avait moins d'élues, assène Bérengère Poletti. «Pépites». Pour justifier l'absence de parité, la thèse du «vivier» revient très souvent. Il n'y aurait pas assez de bonnes candidates. Cet argument commence à taper sur les nerfs de Marie-Jo Zimmermann, députée de Moselle. Surtout quand il est servi par des femmes. «On ne peut pas dire à une adjointe au maire ou à une vice-présidente de conseil régional qu'elle ne peut être une candidate potentielle. Ce ne sont pas des potiches !» Pourtant, des femmes, il y en a à l'UMP. «Des pépites» même, selon Jeannette Bougrab, candidate dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Ce qui manque, c'est «la volonté de les promouvoir», estime Zimmermann. Et Roselyne Bachelot de rappeler que, quand elle préparait une liste municipale, son père, «un vieux briscard» de droite, lui disait : «"Tu ne trouveras pas de femmes." Je lui citais des noms, et il me disait : "Ah oui, c'est vrai..." Il les connaissait toutes.»
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