Changer de métier pour redonner un sens à son quotidien, vivre de sa
passion, monter son entreprise, se consacrer à une "juste cause", plier
bagages pour des contrées lointaines... On a toutes rêvé un jour de
changer de vie. Mais voilà : peu d'entre nous franchissent réellement
le pas. Cinq femmes vous racontent comment elles ont tout plaqué pour
repartir à zéro. Propos recueillis par Fabienne Broucaret.
A lire aussi :
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Lisez le livre "Mange, prie, aime" d'Elizabeth Gilbert, édition Calmann-Levy
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Test : Etes-vous prête à changer de vie ? >
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Dans son dernier ouvrage, « Mange, prie, aime » (Calmann Lévy),
Elizabeth Gilbert nous raconte comment elle a tout plaqué. Son mari, sa
carrière, sa maison. Pour se construire une nouvelle vie, elle est
partie en Italie. Après avoir goûté à la « Dolce vita », elle a
finalement trouvé son bonheur en Inde et en Indonésie.
À 31 ans, Elisabeth Gilbert avait tout : un mari dévoué, une belle
maison, une carrière prometteuse. Le bonheur ? Pas tout à fait. Rongée
par l'angoisse et le doute, c'était plutôt l'insatisfaction qui
dominait. Elle décide alors de tout plaquer pour partir seule à travers
le monde. Pourquoi ? Pour vivre (enfin !) une vie qui lui ressemble. En
Italie, elle prend les « douze kilos les plus heureux de sa vie ». En
Inde, ashram et rigueur ascétique l'aident à discipliner son esprit. Et
on comprend vite pourquoi : réveil à 4 heures du matin, méditation,
nettoyage des sols… En Indonésie, elle cherche à réconcilier son corps
et son âme pour trouver équilibre et bonheur. Sorti il y a deux ans aux
Etats-Unis, « Mange, prie, aime » a déjà séduit plusieurs millions de
lectrices dans le monde entier.
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www.elizabethgilbert.com
Martine Camillieri, 58 ans : « J'étais lassée de pousser les gens à la consommation »
Pourquoi j'ai quitté mon job « Je travaillais dans une agence de
publicité. Tout se passait bien, mais, à 50 ans, j'avais envie d'autre
chose. J'étais lassée de pousser les gens à la consommation. Et puis,
il y avait trop de démesure : il m'est, par exemple, arrivé de faire 3
allers/retours à Chicago pour tourner un plan de quelques secondes d'un
spot publicitaire. Après plus de 20 ans dans la pub, mon entrain s'est
épuisé. » Ma nouvelle vie d'artiste « J'ai d'abord créé l'espace
Périphérie qui sert à lancer de jeunes artistes. Je réalisais la
scénographie de leurs œuvres. Jusqu'à ce que les galeries s'intéressent
à mes scénographies et me demandent de les exposer. Ma philosophie ?
Redonner une deuxième vie à des objets délaissés du quotidien. Pourquoi
consommer toujours plus ? J'ai écrit plusieurs petits guides écolos et
ludiques : on y découvre comment transformer un verre en photophore, de
vieux jouets désuets en objets déco, des bidons de lessive en camions…» Des regrets ?
« Pas du tout. Je n'ai pas d'aversion pour la pub, mais je suis
heureuse de mon activité actuelle. J'ai encore plein de choses à dire
et j'aime cette manière très visuelle de m'exprimer. »
Découvrez les œuvres de Martine Camillieri :
www.martinecamillieri.com
Aimée, 53 ans : « J'ai arrêté de travailler pour suivre mon mari au Luxembourg »
Pourquoi j'ai quitté mon job « Pour mon mari ! Il est plus âgé
que moi : nous avons 17 ans d'écart. Il était chef d'entreprise et, à
l'âge de la retraite, il a voulu partir de Paris. J'ai donc quitté mon
travail aux AGF où je travaillais depuis 20 ans pour le suivre. C'était
un métier que j'appréciais beaucoup. En 1997, nous avons emménagé à
Bordeaux. En 2005, nous avons migré au Luxembourg. »
Ma nouvelle vie « Cela fait maintenant dix ans que je ne
travaille plus. Il a donc fallu trouver des activités pour occuper mes
journées : j'ai notamment aidé une association qui réalisait des livres
pour aveugles, j'ai pris des cours d'art floral liturgique… Mais une
chose est sûre : je ne m'ennuie pas du tout ! »
Des regrets ? « Non, je n'ai pas de regrets. Je ne pense pas que
j'aurais quitté la France si mon mari n'avait pas voulu déménager. Mais
j'ai vraiment gagné en qualité de vie. Je vis dans une ville
cosmopolite très agréable, très propre et près de la nature. Par
contre, il n'est pas toujours facile de s'y intégrer. Et puis, ici,
tout ferme à 18h00 : j'ai encore du mal à m'y faire ! »
Cécilia, 25 ans : « Je ne voyais pas de perspectives professionnelles pour moi en France »
Pourquoi je suis partie « Après mes études, j'ai tout de suite
travaillé dans le domaine de la métallurgie. J'ai trouvé un poste en
intérim dans un laboratoire de l'industrie automobile. Quand on a
changé de direction, je me suis retrouvée sans emploi. J'ai très
rapidement décidé de m'expatrier dans un pays nordique. Pourquoi ? Car
je ne voyais pas de perspectives professionnelles pour moi en France.
Stockholm était une ville que je connaissais et que j'appréciais. Il ne
m'a fallu que quelques jours pour plier bagages. Et je ne le regrette
pas du tout. » Ma nouvelle vie en Suède « Je suis arrivée à Stockholm en
octobre 2006. J'ai complètement changé de secteur d'activité. En moins
de deux mois, j'ai trouvé un emploi à temps partiel chez un traiteur.
Depuis mars 2007, je travaille également dans une agence de marketing.
Je réalise des études par téléphone. » Le plus dur ? « Cela
n'a pas été de trouver un emploi, mais un logement. Stockholm est une
ville qui préserve l'environnement et qui est donc réticente à la
construction. Je n'ai déménagé que deux fois depuis mon arrivée. Ce
n'est pas beaucoup comparé à la moyenne nationale ! »
Comment j'envisage l'avenir « Je suis très contente de vivre en
Suède. Et je pense y rester encore quelques temps. J'espère retrouver
un emploi dans mon domaine de prédilection, la métallurgie. Et
améliorer mon suédois. »
Corinne, 50 ans : « Au lieu de broyer du noir, j'ai décidé de lancer mon entreprise »
Pourquoi j'ai monté ma boite « J'ai travaillé près de 30 ans
dans l'univers du textile. J'ai été successivement chef de produit,
acheteuse, responsable de production, secrétaire de collection… Suite
au dépôt de bilan de mon employeur, je me suis retrouvée au chômage à
48 ans. Et là, impossible de retrouver du travail. Avec mon âge,
j'étais bonne à jeter à la casse. Au lieu de broyer du noir, j'ai
décidé de lancer mon entreprise d'accessoire déco. En résumé, j'ai
généré mon propre emploi. Pour cela, j'ai été soutenue par
l'association Force Femmes ( www.forcefemmes.com) qui m'a aidée à réaliser mon projet."
Ma nouvelle vie d'entrepreneuse « Je suis désespérément
optimiste. Je ne me pose pas trop de questions et je m'accroche. Et
cela commence à payer : le nombre de commandes et de points de vente
augmente. J'ai toujours réalisé de petites bricoles en parallèle de mon
travail. Mes amis m'en redemandaient alors j'ai poursuivi dans cette
voie. Mon leitmotiv ? L'humour et la bonne humeur.»
Le plus dur ? « Mon activité n'est pas encore rentable alors
c'est sûr que mon train de vie a baissé. Mais en échange, j'ai gagné en
bien-être et je me sens épanouie. Je travaille beaucoup, même la nuit,
mais je m'éclate. »
Des regrets ? « Je n'en ai qu'un seul : ne pas l'avoir fait plus
tôt ! Mes proches m'ont dit que j'étais folle. Qu'à 50 ans avec des
enfants c'était n'importe quoi de me lancer en solo. Moi, je ne
regrette rien. On a une seule vie et je ne voulais surtout pas vivre
avec des regrets. »
Retrouvez les cadres miroirs, les broches, les sacs et les tirelires de Corinne sur
www.lemondedemuzicol.com Notre
coup de cœur ? Les cadres « Je suis… » qui font du bien au moral (« Je
suis… unique, exceptionnelle, de qualité, resplendissante, idéale etc
») et les drôles de tirelires à messages (« Oui, je suis canon mais
cela coûte cher », « Un euro pour chaque gros mos » etc).
Savina, 33 ans : « J'adore remettre le compteur à zéro »
Mes différentes vies « Je suis mariée depuis 8 ans. Mon mari est
consultant ce qui nous a amené à déménager assez souvent. On a quitté
la Belgique pour l'Angleterre. On a vécu 6 mois à Londres. Ensuite, on
a emménagé à la campagne, avant d'atterrir dans le sud de la Belgique.
Et là on est dans les cartons direction Bruxelles. A chaque
déménagement, je change de secteur d'activité. J'ai été tour à tour
enseignante, politique, journaliste à la télé et là j'ai en vue un
poste de consultante. En parallèle j'ai écrit un roman. »
Ce qui me plaît « Je trouve ce mode de vie galvanisant. Entamer
un nouveau boulot, c'est super motivant. Chaque poste est un vrai défi.
Pour moi, le changement n'est pas angoissant, au contraire, cela
provoque une montée d'adrénaline incroyable. Déménager, c'est aussi une
forme de remise en question. Mais je commence à en avoir assez de faire
et défaire mes cartons ! C'est le moment le plus pénible. »
Mon avenir « J'ai quatre enfants alors je pense qu'il est temps
qu'on se stabilise un peu. Quand ils seront plus grands, on ira dans le
pays de nos rêves. Mais là, cela devient trop dur pour eux de quitter
leurs amis. »
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