Le
groupe américain Freescale a décidé de supprimer les 800 emplois de son
unité de fabrication de puces électroniques de Toulouse d'ici à la fin
2011, mettant "sous le choc" les salariés de l'établissement où 250
emplois sont déjà menacés dans la téléphonie mobile.
La direction
locale s'est toutefois refusée à parler de licenciements jeudi et les
syndicats majoritaires (FO et UNSA) sont prêts à "donner du temps à la
négociation" à la différence des conflits qui ont dégénéré en
séquestration de dirigeants ces dernières semaines chez Caterpillar ou
chez Molex.
Le fabricant de composants électroniques, produisant
principalement pour le secteur automobile, a expliqué sa décision par
la nécessité de "rester compétitif" et par la "détérioration des
conditions économiques".
"Le déclin global sur le long terme
constaté pour les composants produits" dans les unités de Toulouse,
Sendai (Japon) et East Kilbride (Ecosse), également condamnées à la
fermeture, "conduit à une sous-utilisation de ces usines, qui a été
accélérée par la détérioration du marché", a indiqué Freescale, dont le
siège est à Austin (Texas).
"On ne parle pas de licenciements
programmés. On n'a même pas lancé de plan de sauvegarde de l'emploi, de
plan social. Toutefois on a bien dit clairement que ces emplois étaient
à risque à l'horizon de trois ans", a affirmé à l'AFP le directeur
général de Freescale France, Denis Blanc.
"Nous allons dès
vendredi entamer des négociations avec les représentants du personnel
pour définir les conditions d'accompagnement que nous allons mettre en
place. On a trois ans devant nous. C'est peu mais c'est à la fois
beaucoup", a-t-il ajouté.
"Les salariés sont sous le choc, entre
abattement et colère", ont déclaré pour leur part les délégués
syndicaux de FO et de l'UNSA, tout en se disant prêts à la négociation.
"Nous avons trente mois devant nous pour trouver une solution pour
chaque salarié" avant la fermeture fin 2011, a indiqué Serge Ramos
(FO), secrétaire adjoint du comité d'établissement de Freescale.
"Nous
attendons que Sarkozy fasse respecter à Toulouse l'engagement de ne pas
délocaliser et de ne pas licencier pendant 5 ans pris par le secteur
automobile français", a déclaré M. Ramos, ajoutant que le secrétaire
général de FO Jean-Claude Mailly allait demander une entrevue au
président de la République.
"On veut que l'Etat prenne ses
responsabilités, qu'il favorise aussi la création d'un centre de
recherche-développement sur les nouvelles technologies automobiles à
Toulouse", a demandé le délégué UNSA Pascal Canizares.
Les
syndicats s'inquiètent également du sort des 250 salariés de
l'établissement toulousain travaillant dans la téléphonie mobile et que
Freescale veut céder depuis six mois.
Freescale semiconducteurs
est l'un des leaders mondiaux dans la conception et la fabrication de
semiconducteurs embarqués pour les marchés de l'automobile, de
l'électronique grand public, des équipements industriels, des réseaux
et communications sans-fils.
La société américaine, née il y a 5
ans de la cession par Motorola de ses composants électroniques,
continue d'enregistrer des pertes opérationnelles.
Elle est
cependant revenue "dans le vert" au premier trimestre, à hauteur de
1,75 milliard de dollars, à la suite de gains exceptionnels liés à la
restructuration de sa dette financière.