Du troc pur et simple du
début de l'humanité aux transactions financières par banques interposées de
l'ère moderne, les échanges commerciaux ont toujours existé, seul leurs formes
et méthodes d'échange ont changé. Nous avons récemment vu émerger une nouvelle
forme pour commercer qui utilise des technologies dont l'essor s'est produit
essentiellement dans la deuxième partie des années nonante : le e-commerce.
Le e-commerce est, comme son
nom l'indique, du commerce électronique. C'est à dire que l'on a à faire à un
ensemble d'échanges numérisés liés à des activités commerciales. Le support
principal de ces échanges est l'Internet. Après une courte période du « tout
gratuit » sur Internet, les négoces et l'argent ont fait irruptions sur cette
scène encore relativement vierge et innocente que représentait le réseau des
réseaux pour s'y imposer de plus en plus solidement comme une nouvelle
alternative commerciale.
Qui dit échange dit
communications et transferts d'informations. Nous étudierons donc par la suite
les divers acteurs de ces échanges et les éventuels intermédiaires auxquels ils
font appels, les menaces auxquels ils sont confrontés ainsi que les mesures
existantes pour s'en prémunir. Du fait des menaces auxquels les divers acteurs
du ecommerce sont confrontés, la question de la confiance devient un axe
principal à développer au niveau de la communication de l'entreprise ayant des
produits ou services à proposer via internet.
Par ailleurs, un phénomène
intéressant à étudier est le problème lié à la dématérialisation des échanges
ainsi que le fait que les frontières y sont abolies. Ceci engendre un flou
juridique qui fut difficile à clarifier et qui pose encore aujourd'hui son lot
de situations pour lesquelles il n'y a pas ou peu de législation.
Nous terminerons cette
documentation sur « L'introduction à la sécurité e-commerce » par l'étude d'un
cas pratique. Il s'agira d'Infomaniak Network SA et nous tenons à remercier M.
Fabian Lucchi pour sa collaboration et son amabilité.
Plusieurs types d'acteurs
participent aux commerces électroniques. Chacun possède des besoins propres et
est soumis à des menaces particulières. Nous allons ici présenter ces acteurs et
leurs envies et soucis auxquels ils sont confrontés.
Le client peut être une personne ou une
entreprise souhaitant commander un produit ou un service. Etant un des éléments
du e-commerce, il est la cible de menaces. Il doit faire attention à être sur le
bon serveur et qu'il va commander ce qu'il veut vraiment et au bon prix. C'est
pourquoi il est important que le vendeur sache rassurer le client sur le fait
qu'il n'y a pas de risques.
Le client doit s'identifier vis à vis du
vendeur et cette opération comporte plusieurs problèmes:
-
Il voit le risque que les
informations qu'il donne sur Internet soient utilisées à des fins
commerciales ou autres (problème de confidentialité des informations
personnelles ou financières)
-
Il encourt aussi le risque que
quelqu'un d'autre qui réussirait à obtenir ces informations se fasse
passer pour lui et fasse des commandes qu'il ne souhaite pas ou autres.
C'est pourquoi d'un point de vu
sécurité, il faut étudier les problèmes de confiance envers le vendeur,
d'identification du client (clé publique PKI), mais aussi il ne faut pas oublier
de sensibiliser le client aux problèmes de sécurité au niveau physique et le
rendre conscient de ses responsabilités lors de la transaction.
Le vendeur est habituellement une
entreprise et doit gérer le site web « catalogue » et sa sécurité, mettre en
place un système d'identification du client sûr, gérer les demandes et envoyer
les objets de la transaction aux clients ainsi que trouve r une manière
d'encaisser.
La gestion du catalogue requiert entre
autres de bien réfléchir à :
-
La gestion de la sécurité au niveau
physique ;
-
La gestion de la sécurité au niveau
réseau ;
-
La gestion des risques de création
par une personne mal intentionnée d'une copie du catalogue ou du site à une
autre adresse. Une des premières mesures à prendre est d'enregistrer les
noms de domaines proches de celui du site web pour éviter les pièges faciles
;
-
Au fait qu'aucune personne ne doit
pouvoir accéder (en profitant de failles physique ou réseau) à la base de
données des produits du catalogue.
Le vendeur pour la gestion de toutes ces
données peut faire appel à des intermédiaires techniques.
Il devra aussi faire face aux éventuels
client mal intentionnés qui ne paierait pas ou refuserait la transaction tout en
gardant la marchandise livrée (répudiation). Pour se décharger de ces problèmes,
il peut également choisir d'utiliser les services d'un intermédiaire financier
pour encaisser l'argent produit par la vente.
Les intermédiaire techniques permettent
de décharger la somme de travail du vendeur et seront chargé de faire face aux
éventuelles menaces liées à leurs fonctions. Les divers intermédiaires
techniques auxquels il est possible de faire appel ainsi que leurs
responsabilités sont présentés dans le tableau ci-dessous.
|
Intermédiaire |
Responsabilités |
|
Le fournisseur
d'accès
Internet |
Disponibilité de la
liaison Internet, utilisation de
mécanismes de protection comme le filtrage et aussi aide
à l'enquête après incident |
|
L'administrateur des
systèmes et machines du site Web (hébergement, etc.) |
Sécurité au niveau
physique, configuration sécurisé, traçabilité des interactions et
filtrage des services (si ces services ne sont pas assuré pas le
fournisseur d'accès) |
|
Le web master du site
de e-commerce |
Qualité et justesse
du contenu et des informations qu'on peut trouver sur le site |
Les intermédiaires financiers permettent
de décharger le vendeur des problèmes liés aux transactions financières. Nous
présentons dans le tableau ci-dessous les divers intermédiaires financiers et
leurs responsabilités comme nous l'avons fait plus haut pour les intermédiaires
techniques.
|
Intermédiaire |
Responsabilités |
|
Organismes de
paiement par cartes bancaires |
Il assure que le
paiement de l'achat sera honoré, que les informations nécessaires au
paiement seront protégées. |
|
Intermédiaire de
paiement « cash » (appelé aussi porte monnaie électronique) |
Il assure au vendeur
le recouvrement des achats du client et aux clients le débit des jetons
réellement utilisés uniquement. Il assure également la protection des
informations personnelles du client |
En ce qui concerne le premier type
d'intermédiaire, au moment du paiement, le client bascule sur la page de
paiement hébergée sur le serveur de la banque gestionnaire des transactions.
L'organisme bancaire vérifie en ligne l'autorisation de la transaction, dont le
montant est directement viré sur le compte bancaire du vendeur, après validation
de sa part. Les transmissions de données s'effectuent sur le réseau bancaire,
avec confidentialité des données du client. Ces organismes utilisent pour la
plupart les protocoles SET et CSET.
SET est un protocole par lequel il y a
une vérification de la transaction avant de l'effectuer. Mais son défaut est le
fait qu'il n'y a pas de participation physique ou matérielle à la transaction.
Ceci donnant laissant la porte ouverte à la répudiation. D'où l'apparition du
C-SET qui n'est autre que l'utilisation d'une carte et d'un lecteur de carte de
la part du client qui permet ainsi d'avoir une preuve matérielle comme quoi le
client désirait réellement effectué la transaction. Par ailleurs, il est à noter
que ce qui pourrait permettre au C-SET de connaître un fort développement est
l'utilisation des téléphones mobiles pourvus d'un lecteur de carte. Le client
serait alors appelé sur son mobile et il entrerait sa carte et son code secret.
L'idée du porte-monnaie électronique est
elle aussi intéressante. L'idée est que le client donne de l'argent en
utilisant une méthode de paiement ne faisant pas appel à Internet à une entité
qui lui assure ensuite un nombre de « jetons » que le client peut utiliser sur
les sites de e-commerce reconnaissant ces « jetons ».
Nous allons étudier ici les diverses
menaces plus en détails auxquelles sont soumis les divers acteurs du e-commerce.
Le but des menaces sont plus ou moins évidents : on cherche à compromettre la
disponibilité, l'intégrité ou la confidentialité des informations d'un site
d'e-commerce pour chercher à faire perdre de l'argent ou a en gagner.
Cette catégorie d'attaque exploite les
faiblesses des protocoles de base d'Internet tel que TCP/IP et ses « dérivés »
comme http, ftp... Les grandes lignes de ce type d'attaques sont :
-
Les attaques pour rendre
indisponible le serveur ;
-
L'écoute des communications et le
rejeu ;
-
La substitution et manipulation de
données ;
-
L'utilisation des protocoles non
prévus ou le détournement de protocoles.
Cette catégorie comprend les attaques
qui exploitent les faiblesses au niveau des applications standard du serveur. Ce
problème est appuyé par la standardisation des systèmes d'exploitation (Unix,
NT, etc..) et des applications standards de communication (messagerie SMTP,
navigateur utilisant http ou encore utilisation de SQL pour les bases de
données). Les diverses possibilités d'attaques comprises dans cette catégorie
sont :
-
Les attaques sur des services
réseaux non utilisés et non ou faiblement protégé ;
-
Les attaques sur la disponibilité
du service par utilisation des bugs de ses applications ;
-
Les attaques visant à accéder aux
systèmes d'informations de l'entreprise.
Ce dernier type d'attaque vise les
informations elles-mêmes. Elles peuvent être utilisé pour obtenir un profit ou
même pour introduire des informations fausses sur le site pour décrédibiliser et
atteindre l'image de marque de l'entreprise faisant de l'e-commerce. On y trouve
plusieurs formes d'attaques :
-
Les attaques à la disponibilité du
site par saturation ou manipulation des informations ;
-
Les attaques visant une
appropriation illégale d'informations présentes sur le site et ne devant pas
être divulguées ;
-
Les modifications malveillantes des
informations affichées sur un site afin de désinformer les clients et
compromettre la responsabilité de l'entreprise ;
-
Les modifications de contenu des
transactions visant un bénéfice direct.
Nous allons regarder de plus près
quelques attaques et agressions informatiques auxquelles un site de e-commerce
peut être soumis.
La façon de procéder d'une telle attaque
est dans un premier temps l'écoute passive (qu'on appelle aussi sniffing) des
communications d'un réseau pour tenter d'obtenir les informations
d'authentification telles que le login et le mot de passe d'un utilisateur et
une fois ceci obtenu, de le renvoyer immédiatement au serveur pour se connecter
à la place du véritable utilisateur.
Le but d'une telle attaque peut être
d'effectuer une attaque en déni de service mais peut également avoir pour
objectif de modifier les données d'une transaction dans l'intérêt de l'acheteur.
Par exemple, si le e-commerce en question utilise des requêtes HTTP POST pour
les commandes dans lesquelles se trouveraient le prix à payer, il serait facile
pour un pirate d'accéder et de modifier le contenu de la requête POST en sa
faveur.
L'infection du serveur par un virus peut
provoquer son indisponibilité totale ou partielle avec de graves et nuisibles
retombées sur son chiffres d'affaires mais aussi, et serait-on tenter de dire
surtout, sur son image de marque. Mais plus grave encore est le fait que le
serveur peut propager le virus chez ses utilisateurs. Ces derniers ont alors
légalement le droit d'attaquer en justice l'e-commerce en question. Ce type
d'attaque est rare mais possible.
La menace principal due aux chevaux de
Troie pour un serveur d'un site de commerce électronique est que le pirate peut
d'une part accéder et modifier des informations autant sur les clients que sur
les produits ou services proposé par le ecommerce, mais aussi que le serveur
peut être utiliser comme relais pour commettre des attaques du type déni de
service sur d'autres machines. La responsabilité du e-commerce peut alors être
engagée.
Le problème consiste en qu'un acheteur
commande un produit, le reçoive puis nie avoir participer dans la transaction.
La marchandise est livrée mais reste impayée. Tout se problème se base sur
les mesures prises par le e-commerce pour s'assurer de produire des signatures
électronique suffisantes qui ne puissent être remise en question après une
transaction.
Ce type d'attaque vise clairement à
rendre indisponible un service informatique, dans notre cas généralement, le
serveur. Une méthode fréquemment utilisée est le dépassement de tampon qui
consiste à envoyer un message au serveur plus grand que sa capacité de
réception. Mais la méthode la plus répandue actuellement de
déni de service est
le déni de service réparti (DDoS - Distributed Denial of Service). Plusieurs
façons de réaliser cette attaque existent, mais globalement ce qui se passe,
c'est que le pirate créé un programme qui lui permet de gérer à distance des
ordinateurs et leur ordonne à un moment donné d'envoyer tous en même temps des
flux de paquets à une même cible. Ceci a pour effet de rendre indisponible la
cible qui ne parvient pas à gérer toutes ces demandes.
Nous ne parlons pas ici du Spamming fait
par une entreprise, car si un e-commerce se livrait à cette pratique, les
conséquences seraient désastreuses pour lui-même. Le problème vient donc
essentiellement du fait que, pour nuire à un e-commerce, un pirate qui serait
parvenu à obtenir la liste des clients, par exemple en piratant le serveur ou la
base de données, peut faire du spamming aux clients de ce e-commerce. Le
spamming étant, nous vous le rappelons, l'envoie massifs de e- mails à caractère
commercial, voire assez douteux.
L'une des attaques possibles a pour
principe de modifier indirectement les ordres SQL envoyés au serveur, en y
incluant des chaînes de caractères spéciales en lieu et place des paramètres
attendus par l'applicatif. Cette technique permet de récupérer des informations
confidentielles de la base de données ou simplement des méta données.
On peut par exemple faire un appel
normal et on aura dans la barre d'adresse du navigateur : http://serveur/prog?user=nom_user.
On peut ensuite faire un appel falsifié du type : http://serveur/prog?user=un_autre_user.
A ce moment là, soit on obtient directement des infos concernant l'autre user,
soit une erreur qui peut nous donner des indications qui permettent d'apprendre,
par exemple, que le nom de user est un paramètre identifiant une table et qu'il
y a une table par user, contenant un numéro qui sert de filtre. On peut ainsi
obtenir des informations sur la base de données.
On peut également ajouter du SQL
supplémentaire en fin de champ d'un formulaire. Si par exemple on a un champ
demandant le nom d'une personne et qui fait l'ordre SQL : SELECT col FROM
la_table WHERE nom = 'nom_user', et que dans le champ du formulaire on écrit :
nom_user';delete from une_autre_table#, alors on aura réussi à détruire une
table de la base de données.
Il est aussi possible en utilisant des
techniques similaires de s'attribuer des niveaux de privilèges que l'on ne
devrait pas avoir. On appelle ce genre de techniques d'attaques sur les bases de
données des « Injections (ou inclusion) de SQL ».
Nous devons pour sécuriser un site web
commercial, penser à prendre des mesures à tous les niveaux, du niveau bêtement
physique au niveau de l'application en passant par le serveur. Il est important
de sécuriser les niveaux de façon homogène pour être efficaces tout en pensant à
prendre les mesures en rapport à son activité. Nous tenons par ailleurs à
souligner l'importance de penser au niveau physique, que l'on oublie souvent. Un
portable volé dans un bureau peut représenter une sérieuse perte pour une
entreprise de e-commerce. Analysons maintenant plus en profondeur les mesures
pouvant être prises aux différents niveaux.
Il est indispensable de penser à la
sécurité au niveau physique. Dans ce domaine il faut penser à plusieurs points.
L'une des première chose à faire est de
ne pas laisser sans surveillance les ordinateurs contenant des informations
confidentielles. Si une personne malveillante s'introduit dans un bureau et
accède aux mots de passes ou à la base de données, les conséquences qui s'en
suivront peuvent être dramatique pour le e-commerce. Selon le niveau
d'importance des informations du site, il peut être utile de faire appel à une
société de surveillance et de contrôle des accès du bâtiment dans lequel se
trouvent les ordinateurs.
Par ailleurs, il faut penser aux risques
d'incendies ou de catastrophes qui pourraient détruire des ordinateurs contenant
des informations importantes. Il est fortement recommandé de disposer d'un
système de rechange dans un lieu différent dans le cas où un problème
surviendrait.
Il faut que le système d'exploitation du
serveur soit correctement installé et paramétré. Il est nécessaire que ceci soit
fait en pensant à bien sécuriser les domaines liés à la gestion des divers types
d'utilisateurs du serveur en leur assignant les droits correspondants, à la
gestion des processus et des systèmes des fichiers.
Par ailleurs, dans la mesure du
possible, il est recommandé d'installer le serveur web sur une machine
différente des autres applications (telles le serveur de messagerie, le serveur
de cache, etc.) afin d'éviter les vulnérabilité liées à ces services.
Enfin, nous conseillons également
d'avoir une trace journalière de toutes les actions menées sur le serveur.
Aujourd'hui la mise en place d'un
firewall est quasiment indispensable. Il permet de limiter les flux réseau
ouverts depuis l'extérieur en direction du serveur web et permet ainsi de parer
à certains types d'attaques du type déni de service par exemple. Le firewall a
aussi l'avantage de journaliser le trafic et de disposer ainsi d'éléments sur ce
qui se passe sur le réseau. Par ailleurs, en plus de ses fonctions de filtrages,
les firewall d'aujourd'hui disposent aussi de fonctions à la manière des
anti-virus qui permettent d'alerter si une attaque reconnue par sa signature ou
pas est entré d'être menée.
La deuxième mesure importante pour
éviter les risques d'attaques réseau est de bien penser son architecture réseau,
de façon à protéger les zones dans lesquels se trouvent les informations
sensibles et aussi de faire en sorte que si un pirate parvient à entrer dans le
réseau, que ce dernier soit de manière à lui faire perdre du temps. Temps qui
peut permettre de repérer et de parer à cette attaque.
Une dernière mesure importante est de
faire en sorte que l'écriture des données se fasse toujours de l'intérieur vers
l'extérieur et jamais inversement.
La première mesure est de contrôler
l'intégrité des données, c'est-à-dire de vérifier que le contenu des pages mises
à disposition des clients soit correct. Si les pages sont statiques (pages html
par exemple), une mesure facile à prendre est de calculer les signatures des
fichiers existants et de vérifier qu'elles ne varient pas au cours du temps. Si
les pages sont dynamique (par exemple utilisation de php et MySQL), il faut
contrôler les éventuelles accès et modification à la base de donnée. Par
ailleurs, l'installation d'un anti-virus pour contrôler les fichiers est
nécessaire.
La séparation du travail des divers
intervenants sur le serveur (administrateur du serveur, créateur des pages,
etc.) en diverses applications et si possibles en leur attribuant un ordinateur
différent à chacun permet de mieux contrôler les éventuelles attaques sur ces
applications.
La journalisation sert à tracer et
mémoriser les connexions des clients est également souhaitable. Dans le cas où
un problème surviendrait, ce genre de traces permet de mieux analyser la faille
et éventuellement de tenter de remonter jusqu'au pirate.
Faire attention et bien maîtriser les
fonctionnalités des scripts et programmes exécutés du côté serveur ainsi
qu'éviter l'emploi de programme CGI (Common Gateway Interface) s'ils ne sont pas
absolument nécessaires, représente également une bonne mesure de sécurité. En
effet, les pirates exploitent très fréquemment les faiblesses et vulnérabilités
de ces programmes.
En ce qui concerne le transfert de
données « sensibles », c'est-à-dire nécessitant un certain niveau de
confidentialité, il est fortement recommandé d'utiliser les transferts sécurisés
comme SSL, HTTPS, etc.
Enfin, une mesure importante est de bien
pensé le système d'authentification des clients. Autant pour éviter que ceux-ci
ne réussissent à accéder à des zones non autorisées que pour éviter de rendre
facile le travail aux pirates qui chercheraient à s'authentifier à la place d'un
utilisateur inscrit.
SSL (que l'on pourrait traduire par
couche de sockets sécurisée) est un procédé de sécurisation des transactions
effectuées via Internet mis au point par Netscape, en collaboration avec
Mastercard, Bank of America, MCI et Silicon Graphics. Il repose sur un procédé
de cryptographie par clef publique afin de garantir la sécurité de la
transmission de données sur Internet. Le système SSL est indépendant du
protocole utilisé. SSL agit telle une couche supplémentaire, permettant
d'assurer la sécurité des données, située entre la couche application et la
couche transport.
La quasi- intégralité des navigateurs
supporte désormais le protocole SSL. Netscape Navigator affiche par exemple un
cadenas verrouillé pour indiquer la connexion à un site sécurisé par SSL et un
cadenas ouvert dans le cas contraire, tandis que Microsoft Internet Explorer
affiche un cadenas uniquement lors de la connexion à un site sécurisé par SSL.
Internet Explorer :

Mozilla :

La transaction sécurisée par SSL se fait
selon le schéma suivant:
-
Dans un premier temps, le client, se
connecte au site marchand sécurisé par SSL et lui demande de s'authentifier.
Le client envoie également la liste des systèmes de cryptages qu'il
supporte, triée par ordre décroissant de la longueur des clés.
-
Le serveur a réception de la requête
envoie un certificat au client, contenant la clé publique du serveur, signée
par une autorité de certification (CA), ainsi que le nom du système de
cryptage le plus haut dans la liste avec lequel il est compatible (la
longueur de la clé de chiffrement - 40 bits ou 128 bits - sera celle du
système de cryptage commun ayant la plus grande taille de clé). Remarque :
actuellement, il est recommandé au d'utiliser des clés 128 bits. Par
exemple, le système de e-voting en suisse utilise ce type de clé et les
considère comme suffisamment sûr.
-
Le client vérifie la validité du
certificat (donc l'authenticité du marchand), puis crée une clé secrète
aléatoire, chiffre cette clé à l'aide de la clé publique du serveur, puis
lui envoie le résultat (la clé de session).
-
Le serveur est en mesure de
déchiffrer la clé de session avec sa clé privée. Ainsi, les deux entités
sont en possession d'une clé commune dont ils sont seuls connaisseurs. Le
reste des transactions peut se faire à l'aide de clé de session,
garantissant l'intégrité et la confidentialité des données échangées.
Les algorithmes de chiffrement
asymétrique (clefs publiques, clé de session, signature électronique) sont
basés sur le partage entre les différents utilisateurs d'une clé publique.
Toutefois, le mode de partage a une
grande lacune : rien ne garantit que la clé est bien celle de l'utilisateur a
qui elle est associée. En effet un pirate peut corrompre la clé publique
présente dans l'annuaire électronique en la remplaçant par sa clé publique.
Ainsi, le pirate sera en mesure de déchiffrer tous les messages ayant été
chiffrés avec la clé présente dans l'annuaire.
Ainsi un certificat permet d'associer
une clé publique à une entité (une personne, une machine, ...) afin d'en assurer
la validité. Le certificat est en quelque sorte la carte d'identité de la clé
publique, délivré par un organisme appelé autorité de certification (souvent
notée CA pour Certification Authority).
L'autorité de certification est chargée
de délivrer les certificats, de leur assigner une date de validité (équivalent à
la date limite de péremption des produits alimentaires), ainsi que de révoquer
éventuellement des certificats avant cette date en cas de compromission de la
clé (ou du propriétaire).
Les certificats sont des petits fichiers
divisés en deux parties :
Les informations contenues dans un
certificat sont :
-
Le nom de l'autorité de
certification
-
Le nom du propriétaire du certificat
-
La date de validité du certificat
-
L'algorithme de chiffrement utilisé
-
La clé publique du propriétaire
L'ensemble de ces informations est signé
par l'autorité de certification, cela signifie qu'une fonction de hachage crée
une empreinte de ces informations, puis ce condensé est chiffré à l'aide de la
clé privée de l'autorité de certification; la clé publique ayant été
préalablement largement diffusée afin de permettre aux utilisateurs de vérifier
la signature avec la clé publique de l'autorité de certification.
Lorsqu'un utilisateur désire communiquer
avec une autre personne, il lui suffit de se procurer le certificat du
destinataire. Ce certificat contient le nom du destinataire, ainsi que sa clé
publique et est signé par l'autorité de certification. Il est donc possible de
vérifier la validité du message en appliquant d'une part la fonction de hachage
aux informations contenues dans le certificat, en déchiffrant d'autre part la
signature de l'autorité de certification avec la clé publique de cette dernière
et en comparant ces deux résultats.
Ce protocole utilisant des clés de
session pour chiffrer les diverses parties du message de l'e-mail garantit la
confidentialité et la non répudiation des échanges par e- mail.
Pour éviter les problèmes d'injection de
SQL, une mesure simple et très efficace consiste à « sur-quoter » les paramètres
d'entrée de la base de données. C'est-à-dire qu'il suffit d'ajouter des « quote
» de manière à ce que même si un utilisateur malveillant tente d'ajouter des
bouts de codes SQL, ces bouts de codes soient considérés comme des données
uniquement.
Par ailleurs, pour la protection des
bases de données, il est utile de suivre une grande partie des conseils
mentionnés plus haut comme bien penser le système d'authentification, donner les
privilèges minimums, etc.
Il est conseillé de toujours effectuer
des sauvegardes régulières et disposer de « plans de secours » pour être prêt à
faire face à toutes les éventualités.
Il peut être bien d'utiliser le
load-balancing (technique de répartition de charge entre plusieurs serveurs). Le
principe de fonctionnement est simple, le load balancer (un switch dédié à la
répartition de charge) va capter les requêtes des internautes pour les drainer
jusqu'au serveur le plus disponible de votre architecture réseau. Ce système
peut être mis en place sur une architecture constituée au minimum de deux
serveurs web. Le rôle du Load Balancer est de répartir de manière intelligente
la charge d'internautes afin d'assurer la meilleure disponibilité et évolutivité
des services Internet du e-commerce. Si un serveur ne répond plus, le trafic
Internet sera réparti sur les serveurs opérationnels afin d'assurer une
continuité du service. En cas de pic de trafic, le load balancer répartira la
charge sur l'ensemble des serveurs. En évitant la surcharge d'une machine en
particulier, le principe de load balancing permet d'améliorer considérablement
les temps de réponse du site. Si le trafic sur votre site internet augmente
considérablement, il suffit d'ajouter un serveur supplémentaire derrière le load
balancer. Ceci est utile par exemple dans le cas où un de vos serveurs tombait
suite à une attaque, de pouvoir continuer sans trop de problèmes.
Dans cet esprit, la redondance des
éléments critiques est également fortement recommandée.
Nous avons étudié le cas d'Infomaniak
Network SA. Cette société a été créée en 1996 par M. Fabian Lucchi et M. Boris
Siegenthaler. La société se spécialise dans l'hébergement de sites Internet.
Depuis janvier 2003, Infomaniak Network SA est le 1er hébergeur de Suisse
romande et depuis mars 2004 le 1er hébergeur Suisse pour les .com, .net, .org,
.info. Nous tenons à remercier une nouvelle fois M Fabian Lucchi qui a accepté
de répondre à nos questions. Voici un résumé des points importants abordés lors
de l'interview avec M Lucchi :
Votre système a-t-il déjà subi des
agressions informatiques ? Quelles mesures préventives avez-vous pris ?
M. Lucchi : Oui, c'est déjà arrivé.
Les portes qui étaient restées ouvertes ont été fermées (au niveau de nos
access-lists sur le routeur principal) et nous avons pratiquement banni
intégralement nos machines Windows... le passage sous Unix est bien plus
sécurisant. Ces mesures ont été complètement suffisantes.
De quels types de sécurisation au niveau
physique (surveillances des bureaux, systèmes anti-incendies, etc..)
disposez-vous ?
M. Lucchi : Surveillance vidéo avec
enregistreur déporté physiquement; surveillance de la salle machine au
niveau température et détecteur de fumée via système de pager internationaux
(un système automatique d'extinction sera installé début 2005), la clim
possède une double valve électrostatique pour couper l'eau en cas de
détection de fuite (sur 2 niveaux). L'accès à la salle se fait par un
lecteur d'empreinte digitale.
Utilisez-vous une ou des base(s) de
données ? Si oui, quelles sont vos mesures de protection de celles-ci ? Est-on
déjà parvenu à accéder ou à modifier des éléments de votre ou vos base(s) de
données ?
M. Lucchi : Oui, plusieurs. Elles
sont répliquées sur des machines physiquement délocalisées, et la
communication réseau est bloquée vers ces machines, sauf depuis les hosts
qui en ont besoin, donc interne exclusivement. Aucun problème n'a eu lieu,
et aucune altération de donnée n'a jamais été constatée. C'est encore des
serveurs SQL Microsoft et ce sera dans peu de temps (2 à 3 mois) des
clusters MySQL redondants.
Faites vous appels à des organisme de
paiement par carte bancaire ? Si oui, sur quels critères vous êtes-vous basés
pour faire votre choix ? Si non, quel système de paiement avez-vous choisi ?
M. Lucchi : Oui, nous travaillons
avec le Crédit Mutuel pour les encaissement par carte de crédit, et avec la
Poste Suisse pour Yellownet. Les critères étaient "intégration avec nos
outils" et "coût du service".
Quelle est la part de votre chiffre
d'affaires investie dans des mesures de sécurité informatique ?
M. Lucchi : Non calculée... je ne
pourrai vous le dire, le montant est peu important en tous les cas car une
fois l'infrastructure en place, ce n'est que de la maintenance et plus de
l'acquisition.
Quels arguments utilisez-vous pour
donner confiance à vos clients ?
M. Lucchi : Le nombre de nos
clients... plus de 20000 sites web qui fonctionnent, c'est la preuve que
nous faisons bien notre travail. Nos conditions générales ne donnent aucune
garantie à part celle du type "best effort". Notre intérêt est de toute
façon de fournir le meilleur service possible, sinon nos clients ne restent
pas, et nous avons un taux de résiliation vraiment très faible.
Votre entre prise emploie-t-elle un ou
des informaticien(s) pour la gestion de votre parc informatique ou faites-vous
appels à une ou des société(s) externes spécialisées?
M. Lucchi : Nous traitons tout en
interne, 100%. Que ce soit la maintenance informatique hardware ou les
développements logiciels spécifiques. Cela dit, le matériel utilisé pour
notre plateforme d'hébergement vient de chez Dell et ils assument les
interventions sur site. Nous ne nous en servons pas car nous intervenons
plus vite qu'eux, mais c'est eux qui échangent le matériel défectueux que
nous aurions déjà remplacé.
Nous avons introduit dans ce rapport
quelques menaces d'agressions informatiques auxquelles sont soumis les
e-commerces et les diverses mesures de sécurités à prendre pour la bonne gestion
d'un site de e-commerce. Toutefois, lorsque l'on gère un tel site, il est
important de procéder à une veille technologique et de s'informer régulièrement
sur les nouvelles menaces pouvant apparaître.
Nous n'avons par ailleurs pas aborder
l'aspect des législations du e-commerce et il est de la responsabilité de chacun
de s'informer à propos de ce que l'on a le droit ou pas de faire avec un
e-commerce, que ce soit du point de vue des méthodes de ventes ou des formes de
luttes contre les pirates en passant par les législations sur le contenu du
site.
Ce rapport nous a permis de faire un
tour d'horizon des problèmes auxquels sont confrontés les site d'e-commerce et
de voir qu'un système bien pensé à la base permet d'éviter de grosses dépenses,
aussi bien en énergie qu'en termes économiques. Par ailleurs, le contact pris
avec M. Lucchi nous a permis de confronter notre étude avec la réalité.
Vous pouvez poser toutes vos questions,
vos remarques et vos expériences à propos de l'e-commerce. Pour cela,
rendez-vous sur le Forum
Sécurité.
Version 1.0, Le 20 janvier 2007, par
Xavier MONNET et Sergio COELHO, Publication du document.
http://www.authsecu.com/e-commerce-menaces-protections/e-commerce-menaces-protections.php
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